Pourquoi exposer ? Ce que 20 ans d’illustration m’ont appris
Dans 3 semaines, mes illustrations vont quitter mes blocs de feuilles et mes caisses pour habiter un vrai espace. Un vernissage, des murs, des visiteurs. Je prépare en ce moment ma première expo solo — et dans cette effervescence, je me suis demandé : pourquoi exposer ? Et pourquoi maintenant ?
20 ans d’illustration…
Cela fait 20 ans que le vaste champ de l’illustration a croisé ma route. D’abord dans l’édition jeunesse, avec les albums illustrés, les « chemins de fer » et les rendez-vous décrochés auprès d’éditeurs sur des salons. Puis avec la création en auto-édition des cahiers parent-enfant Kidappy, leur diffusion et distribution. Depuis 3 ans, je me suis éloignée de l’édition pour créer des illustrations qui ont l’ambition de toucher le cœur d’enfant des adultes — et de les reconnecter à ce qui compte vraiment pour eux.
Durant toutes ces années, j’avais surtout en tête que les illustrations, c’était pour être imprimé, édité, diffusé en ligne. Que seuls les « grands » illustrateurs reconnus avaient la chance d’avoir des expositions dédiées. Et puis, une illustration ce n’est pas forcément une création sur laquelle on s’attarde — elle est là pour mettre en valeur un produit, appuyer un article, décorer une gamme de papeterie… le regard passe, et continue.
EXPOSER, c’est offrir un espace-temps
Ce que je souhaite en exposant, c’est offrir quelque chose de précieux et bienfaisant : un espace où le visiteur va se laisser embarquer dans mon univers, sans que son pouce puisse scroller pour passer à autre chose.
Il y a quelque chose de profondément différent à voir une illustration en grand, en vrai, dans un espace physique. Et à fortiori pour moi, car une grande partie de mes créations sont en relief — le rendu est tellement différent en vrai que regardé au travers du prisme d’un écran.
Avec la thématique de cette exposition — « Escapade(s) au jardin. Illustrations et rêveries » — mon souhait est d’envelopper les visiteurs d’un halo de joie et de bien-être, de leur donner envie de se ressourcer dans la nature à l’approche de l’été, d’entendre leur voix intérieure. Une expérience immersive, en longeant les murs du Co-Guesthouse. C’est ce que je veux profondément leur offrir.
Ce que j’espère recevoir en retour
En retour, je sais qu’accueillir des visiteurs va être un magnifique cadeau. Que ce soient des personnes que je côtoie au quotidien — et qui ne me connaissent pas sous mon côté d’artiste — ou des gens qui pousseront la porte du Co-Guesthouse sans savoir ce qu’ils vont y trouver.
Je suis impatiente de voir leur regard s’allumer devant une illustration, d’entendre ce qu’ils ressentent, ce qu’ils y projettent, de les voir repartir joyeux. Ces échanges-là nourrissent d’une façon que les notifications des réseaux sociaux ne remplaceront jamais.
Alors, pourquoi maintenant ?
Il n’y a pas de moment parfait. Il y a juste celui où Françoise du Co-Guesthouse vous dit : « J’ai un désistement en juin, le créneau est libre pour toi… »
Alors oui, ces semaines sont intenses. Il y a le doute parfois — est-ce que je vais créer quelque chose de cohérent, de fluide ? Est-ce que mon travail est « assez » pour être exposé ? Mais j’ai plongé. Et je ne le regrette pas une seconde. Avoir une échéance face à du public booste aussi à donner le meilleur de soi.
Si vous aussi vous hésitez à franchir le cap avec votre art, réfléchissez-y : pas parce que ce sera facile. Mais parce que ça en vaut vraiment la peine.
